«
Ces choses là n'intéressent pas nos spectateurs
»
«
Dans les années 1990, une équipe de
réalisateurs
britanniques, partie en expédition aux confins de la jungle
africaine pour filmer les bonobos, passa son temps à
interrompre
les prises de vues chaque fois qu'une scène
"gênante"
apparaissait dans le viseur. Lorsqu'un scientifique japonais qui
assistait l'équipe leur demanda pourquoi ils ne filmaient
aucune
activité sexuelle, il s'entendit répondre : "Ces choses là
n'intéressent pas nos spectateurs." »
(Frans de Waal, Le
singe en nous, Fayard, 2006, page 45)
Effusions
«
Lorsque des chimpanzés sont comblés de joie par
le
spectacle d'un gros tas de bananes, ils se caressent,
s'étreignent et s'embrassent [...] Nous connaissons tous ces
sentiments de surexcitation intense ou de bonheur qui poussent des gens
à crier, à sauter de joie ou à
éclater en
sanglots. Il n'est pas surprenant que des chimpanzés, s'ils
éprouvent quelque chose d'analogue, cherchent à
se calmer
en étreignant leurs camarades. »
(Jane Goodall, Les
chimpanzés et moi, J'ai Lu, 1971, page 330)
Anthropomorphisme
& anthropocentrisme
«
Est-il anthropomorphique de croire que les babouins manipulent leurs
partenaires sociaux avec intelligence, qu'ils font des choix judicieux,
qu'ils prennent des décisions ; de penser que même
sans
langage ils disposent de symboles mentaux qui leur permettent de
réfléchir d'abord et d'agir ensuite, et
d'établir
de remarquables contrats de réciprocité ? Tout
bien
pesé, il me parait singulièrement humain,
particulièrement anthropocentrique de ne pas leur
reconnaître ces facultés. »
(Shirley C. Strum, Presqu'humain.
Voyage chez les babouins, Eshel, 1990, page 198)
Splendides
créatures velues ou terne couple du jardin d'Eden ?
«
Comme je déteste celui qui parle de "création
brute" en
insistant désagréablement sur brute... Moi, je
suis fier
de ma proche parenté avec d'autres animaux. J'affiche avec
un
orgueil jaloux mes ascendances primates. Je me plais à
penser
que j'étais autrefois une splendide créature
velue vivant
dans les arbres et que je descends, depuis les temps
géologiques, de la méduse, des vers, des
céphalocordés, poissons, dinosaures et singes.
Qui
échangerait tout cela contre le terne couple du jardin
d'Eden ?
» (W.N.P. Barbellion, de Nous les singes,
Clarence Day, 1920, éditions Phébus -
2007, page 7)
Le
Bistre des Grands Singes est une
émanation du
Site pataginaire. Mars 2007 et février 2008 pour la présente version.